La médecine arabe au Moyen-Âge

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900 ans avant l’Occident, au Xème siècle, Haroun al Rachid créa le premier hôpital à Bagdad.  A cette époque, en Occident, les hôpitaux n’existaient pas encore ; il y avait des monastères qui avaient pour charge de soulager les maux de leurs « hôtes ».

Pour arriver à cette apogée dans le domaine médicinal, il eut fallu plusieurs années d’études d’anciens écrits et plusieurs protagonistes, qui, par leurs  travaux et leurs découvertes ont permis de grandes évolutions dans ce domaine

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La médecine Arabe en deux grandes étapes

  • Du VIIème au IXème siècle: Traduction et transmission

De nombreux écrits médicaux, principalement grecs et byzantins, sont traduits du grec en syriaque puis du syriaque en arabe. Il est intéressant de noter que les traducteurs appartenaient à différentes religions. La propagation des transcriptions sera alors facilitée par l’introduction de l’usage du papier.

Cette période est caractérisée par une émulsion de savoir entre les cultures arabe et persane.

 

  • Du Xème au XIIIème siècle: L’apogée de la médecine arabe

Il s’agit de la période des grands encyclopédistes, des grands cliniciens (Razi, Avicenne, Averoès) et du développement des hôpitaux. Les connaissances médicales, anciennes et nouvelles sont synthétisées dans des ouvrages monumentaux.

Trois principales écoles médicales se développent à cette époque en Iran et Mésopotamie, en Syrie et Egype; et en Espagne. Elles abordent tous les domaines de la médecine tels que l’anatomie, la physiologie, la clinique, la thérapeutique…

Il y avait au moins un hôpital dans chaque ville arabe et les médecins se déplaçaient dans les campagnes soigner les paysans. Les séjours à l’hôpital étaient gratuits comme les visites médicales chez les paysans ainsi que les consultations pour les pauvres.

A cette époque, l’hôpital de Bagdad était le plus grand et le plus moderne de tout le monde entier. Il comptait plusieurs médecins et notamment des spécialistes en ophtalmologie, des chirurgiens, des orthopédistes.

 

Les principaux médecins arabes

Razi (Rhazès, Al-Razi)

Rhazès est né en Iran au IXème siècle a été chef de l’hôpital de Bagdad et auteur de nombreuses encyclopédies médicales majeures:

  • Le Continent aussi intitulé Kittab Al Hami
  • Kittab Al Mansouri : synthèse des notions d’anatomie, de chirurgie et de thérapeutique, il regroupe aussi de judicieux conseils destinés aux patients sur le choix de leur médecin.

Avicenne (Ibn Sina)

Aussi surnommé le « prince des médecins », est un médecin et philosophe, né à proximité de la Perse (actuel Ousbekistan) au Xème siècle.

Son ouvrage majeur est le Canon de la Médecine qui est une encyclopédie de la pathologie décrite de façon systématique de la tête aux pieds. Il traduisit Hippocrate et Galien et étudia Aristote.

Il effectua des descriptions novatrices du diabète, des ictères, des méningites, des cancers, et en physiologie de la digestion et de la vision.

Il considère la médecine comme l’art de conserver la bonne santé et insista donc sur la prévention  comme le sport, l’hygiène physique et mentale ainsi que sur l’importance des bonnes relations humaines.

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Al Nafis

Au XIII ème siècle, dans son commentaire anatomique du Canon d’Avicenne, Al Nafis décrit la petite circulation qui est la circulation pulmonaire (plusieurs siècles avant Servet et Harvey). Ses écrits n’auront aucun écho à l ‘époque en Occident.

Les médecins arabes occidentaux:

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Averroès, Ibn Rushd

Né au XIIème siècle à Cordoue en Espagne, il était philosophe et médecin musulman et il s’illustra dans le domaine de l’ophtalmologie, de l’épidémiologie, de l’obstétrique, de la physiologie de la reproduction et de la philosophie (commentateur d’Aristote), des mathématiques, de la physique et de l’astronomie, et eut une influence considérable au Moyen-Âge. Il fut persécuté du fait de ses idées religieuses provocatrices.

Maimonide

Maimonide était un médecin théologien, chef spirituel du judaïsme et élève d’Averroès.

Il est l’auteur de l’ouvrage « Le guide des Egarés ».

Ses écrits concernent la médecine interne, les troubles psychique…

« Quand j’ai entrepris ce livre, j’ai commencé par la Logique, et j’ai tenu à me conformer à l’ordre des livres des logiciens : j’y ai exposé des mystères et des subtilités qui ne se trouvent pas dans les livres dont nous disposons. J’ai poursuivi par la Physique […] ; j’ai poursuivi ensuite par la Géométrie ; j’ai alors résumé, de manière subtile, le livre des Éléments d’Euclide […]. J’ai fait suivre cela d’un résumé du livre de l’Almageste, en astronomie, et, outre le résumé, d’un éclaircissement et d’une explication. J’y ai joint, après avoir terminé cela, quelques compléments que l’élève doit connaître pour atteindre l’achèvement de l’art et pour faire coïncider les règles de l’observation et les lois naturelles […]. »

Avicenne, concernant l’écriture de son Livre Le Canon de la médecine

 

Author: Soumya Rais

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