Retour vers le passé: le 14 juillet 1789

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Le 14 juillet, date symbolique de la fête nationale en France, signifie souvent feu d’artifice, défilé militaire et bal des pompiers.
Mais que fête-on au juste, la prise de la Bastille, ou la fête de la fédération ?
Je vous propose un voyage dans le temps, à Paris, en été 1789, pour remonter aux l’origine de cet évènement, et le revivre ensemble.

I) Une situation troublante

Le 12 juillet 1789, la nouvelle du renvoi de Necker la veille parvient à Paris. Au palais royal (demeure du duc d’Orléans) Camille Desmoulins appelle à se rebeller contre le roi, et des manifestations ont lieu. Celle qui s’amasse devant les Tuileries est dispersée sans ménagements par un régiment allemand.
Des pillages et des saccages ont lieu pendant la nuit. Au petit matin du 13 juillet, une réunion d’élus présidés par le prévôt des marchands Jacques de Flesselles décide la formation d’une milice bourgeoise de 48.000 hommes. Le nombre est impressionnant, mais ils n’ont pas d’armes. On fait forger à la hâte 50.000 piques. On se demande comment acquérir des armes modernes.
En fin d’après-midi, une délégation est envoyée aux Invalides pour réclamer les armes qui y sont…

 

II) La prise des Invalides

Face au refus du gouverneur, une foule énorme, entre 40 000 et 80 000 personnes selon les observateurs, se presse près de la grande bâtisse des Invalides.
Postés sur l’esplanade du Champ-de-Mars, plusieurs régiments de cavalerie et d’infanterie laissent faire. C’est un tournant. Soutenus implicitement par une partie de l’armée royale, les milliers d’artisans, boutiquiers et petits commerçants de Paris défoncent les portes, escaladent les fossés et s’engouffrent dans les galeries souterraines. Ils mettent la main sur 40 000 fusils et 12 pièces de canon.
Mais cette armée improvisée ne dispose ni de poudre à canon ni de balles. Par précaution, le stock a été déplacé deux jours plus tôt dans un lieu jugé plus sûr : la forteresse de la Bastille. Les insurgés se donnent donc le mot : tous à la Bastille !

 

III) La prise de la Bastille

La foule se rassemble au pied de la Bastille, armée avec les armes prises aux Invalides. Deux délégations sont envoyées dans la matinée au gouverneur Launay, il les reçoit mais ne leur donne pas satisfaction.
En début d’après-midi, les défenseurs de la Bastille ouvrent le feu sur les émeutiers qui la menacent. Deux nouvelles délégations sont envoyées au gouverneur, sans plus de succès, tandis que défenseurs et émeutiers se tirent toujours dessus.
Cinq des six compagnies du prestigieux corps d’élite des Gardes Françaises entrent dans la révolte. Ils amènent 5 canons des Invalides et les mettent en batterie devant la Bastille. Le gouverneur finit par accepter la reddition de la Bastille, contre promesse de laisser la vie sauve à tous les défenseurs.
Les émeutiers s’emparent de la Bastille. Ils font main basse sur les balles et la poudre. S’attendant à trouver la célèbre prison d’Etat pleine à craquer de prisonniers politiques, ils sont surpris de n’y trouver que 7 prisonniers de droit commun.

 

IV) De la révolution à la fête de la fédération

A Versailles, le roi n’apprend la nouvelle qu’à son réveil, le lendemain matin.
On nous rapporte cet échange que le souverain aurait eu avec le duc de la Rochefoucauld-Liancourt. «C’est une révolte ?», s’inquiète le roi. Le duc lui répond : «Non sire, c’est une révolution !»
Le 15 juillet, il nomme La Fayette commandant de la garde parisienne créée pour canaliser les mouvements populaires et assurer la protection des Parisiens. Des milices de citoyens se créent dans chaque ville sur le modèle de la garde nationale de Paris pour lutter contre toute menace, notamment pendant la Grande Peur. Des fédérations locales, régionales de gardes nationales se sont constituées dans le sud de la France dès le mois d’août 1789. Elles se répandent dans le reste du pays. La Fayette incite à organiser pour le premier anniversaire de la prise de la Bastille une fête nationale célébrant cette fédération, proposition acceptée par l’Assemblée. L’Assemblée veut que cette commémoration du 14 juillet soit une fête d’unité de tous les Français.

 

Cette célébration a représenté un moment de réconciliation et d’unité pour le peuple français et a aussi donné naissance à la France en tant que nation.
La prise de la Bastille et la fête de la fédération ont encore une grande influence sur la société française. Les Français sont fiers de cette partie de leur histoire qui a conduit à leur devise nationale, « Liberté, Égalité, Fraternité. » Chaque année, un défilé national vient rappeler qu’en d’autres temps des hommes se sont dressés contre la tyrannie monarchique.
Depuis cette fameuse date, de nombreux rassemblements politiques ont lieu sur la place où se dressait autrefois la Bastille.

Ainsi, on ne fête pas un mais deux évènements chaque 14 juillet en France !

 

Author: Sohayla El guenfoud

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